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Le 25 mars 2010
le petit journaliste et l'avocat général
Un journaliste ayant beaucoup trop analysé les grands phénomènes de notre société décida de devenir polémiste afin de sortir de la torpeur ...
Un journaliste ayant beaucoup trop analysé les grands phénomènes de notre société décida de devenir polémiste afin de sortir de la torpeur dans laquelle son poste obscur dans un petit journal de droite qui déteint dans les mains l’avait plongé.
Il décida un jour, se prenant sans doute pour un nouveau philosophe et se penchant pour une fois dans sa vie sur la médiocrité de son existence, de disserter sur tout et n’importe quoi. Des magistrats qui préparaient un coup d’Etat en passant par les femmes qui opprimaient les hommes, ce dernier ne ménageait pas ses attaques. Seules les curés et les hommes politiques échappaient encore à ses diatribes vengeresses.
Il finit par faire suffisamment parler de lui pour qu’enfin on lui donne toute l’importance qu’il supposait avoir. Les télévisions lui firent les yeux doux et il était invité dans toutes les émissions branchées du PAF. Tout le monde voulait l’avoir, l’entendre dire ce que certains voulait entendre faute pour la majorité de le penser tout bas.
Enfin sous les feux de la célébrité il pensait s’illuminer comme un feu d’artifice.
Il en fit tant et tant qu’il finit par se croire si puissant qu’il pouvait, sans le vérifier de moindre façon comme à son habitude, parce que c’était selon lui l’une des préoccupations de son peuple, affirmer que les délinquants et les trafiquants étaient tous noirs ou arabes et que c’était un fait avéré.
Quelle mouche avait bien pu le piquer pour qu’il raconte une bêtise aussi énorme qu’elle déchainait les reproches de tout les gens honnêtes et intelligents.
Le petit journaliste se morfondit en excuses ayant trop peur de ne plus être aimé et invité ayant conscience qu’il avait peut être dépassé les bornes dans des temps troubles ou l’on parlait encore de l’identité nationale.
- « Je suis perdu, trahi par les miens, sacrifié sur l’hôtel de l’hypocrisie, même Séguéla peut dire que BESSON est un grand ministre sans se faire rabrouer » se lamentait-il.
- « J’ai fait mes excuses pourtant mais la LICRA veut ma mort judiciaire, elle veut me traîner devant les tribunaux, me faire expier mes propos devant ces magistrats qui ne pensent qu’à se venger de mes propos passés » se désespérait-il.
Passant par là et ayant entendu les propos du petit journaliste un avocat général célèbre lui aussi et polémiste dans l’âme fût touché par les lamentations du petit journaliste.
- « Excusez moi » mon brave lui dit-il, « mais je n’ai pu m’empêcher d’entendre vos propos et d’en être touché au plus profond de mon être. Il vous faut savoir que moi aussi, comme vous, je crois que la majorité des trafiquants et des voyous de tout poils sont noir ou arabe…et je sais de quoi je parle je suis un magistrat du parquet, je représente les intérêts de la société française, de l’Etat français… Je suis ce que l’on pourrait appeler un parfait instrument de la répression…et je passe à la télévision, dans ses émissions judiciaires ou mes propos sont paroles d’évangiles je vous le garanti. Que je parle et on m’écoute, que je dise et on me croit, que j’affirme et on me loue… ».
Le petit journaliste tout ébaudis regarda ce personnage débonnaire vêtu d’un costume bon marché et qui parlait avec un discret zozotement.
Il n’eu aucun mal à croire qu’il était magistrat du parquet tant il avait la parole fluide du sophiste prompt à défendre un jour une chose et l’autre jour son contraire.
Il se sentit proche de lui, naturellement presque génétiquement presque comme s’ils étaient des frères jumeaux perdus chacun dans un univers parallèle.
- « Ah mon bon monsieur » lui dit-il « comme je vous sens proche de mes malheurs et prompt à pourfendre tout ces tenants de la pensée ambiante qui me traitent de la pire des façons et qui mettent en grand périls mon image…et mes rentes »
Le magistrat s’enfla devant tant de compliments et il est vrai le pensait-il devant tant de clairvoyance.
En voilà un enfin, pensa-t-il qui sait juger un homme et voir de quel bois il est fait.
- « Je pense comme vous » dit le magistrat,
- « Bigre »
- « et je le ferais savoir…et on me croira »
- « Bigre de bigre… »
- « j’ai un haut poste, l’accès au pouvoir, je suis une référence en matière d’affaire criminelle, on me courtise, on me flatte…et j’ai une belle robe rouge parée d’hermine qui me donne tout le sérieux et le respect qui sied à ma fonction »
- « Mazette »…
- « Oh mon bon avocat, allez faire campagne paré de votre chasuble rouge bordée d’hermine blanche et affublé du terme général qui sied bien à l’objectif ».
- « j’y vais de ce pas et je commencerai par les journaux puis la télé puis la radio…paré de la sorte personne ne me résistera ».
Chacun repartit de son côté non sans se promettre de se revoir bientôt à la télé ou à la radio.
Frais et dispo ils pavanaient de nouveau au plus haut rêvant de concert l’un du PAF et l’autre du Taf.
Si des deux on se demandera encore longtemps qui était le plus gueux, on retiendra que c’est de la plume du journaleux et du glaive du baveux que s’écrivent des chroniques pour les « noeudnoeuds ».
PS toutes ressemblances avec Monsieur ZEMMOUR et Monsieur BILGER seraient bien entendu fortuites